De la globalisation à la viabilité des Supply Chains, les tensions géopolitiques actuelles peuvent se lire comme la manifestation directe de stratégies de Supply Chain divergentes.
En effet, derrière les discours politiques, ce sont avant tout des choix structurants qui s’opposent. Ils concernent les flux, l’accès aux ressources, le contrôle technologique et la gouvernance des chaînes de valeur.
Ainsi, le Global Risks Report 2026 du World Economic Forum place la confrontation géo-économique en tête des risques mondiaux. Il montre également que les outils économiques sont désormais utilisés comme des armes d’influence, et non plus comme de simples instruments de coopération.
🔗 https://www.weforum.org/agenda/2026/01/global-risks-report-2026/
De la globalisation à la viabilité des Supply Chains
À Davos 2026, cette dynamique devient très concrète.
D’un côté, les États-Unis assument une posture commerciale plus offensive. Ils mobilisent la croissance et la réindustrialisation comme leviers géopolitiques.
De l’autre, la Chine ajuste ses règles, ses technologies et ses contrôles. Son objectif est clair : préserver une position centrale dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Cette lecture est d’ailleurs largement relayée par Reuters.
🔗 https://www.reuters.com/world/davos-global-economy-geopolitics-supply-chains/
Dans le même temps, le WEF observe une multiplication des risques économiques.
Par conséquent, les contrôles sur les investissements étrangers se renforcent. Les tensions tarifaires se multiplient également.
En conséquence, les Supply Chains globales se fragilisent. Elles basculent progressivement vers des reconfigurations nationales ou régionales.
⚠️ Idée disruptive n°1 — Ce que nous vivons n’est pas du libéralisme
Comme l’explique Charles Gave, le libéralisme repose sur trois principes clés.
Il s’agit de la responsabilité, de la sanction du risque et de la décentralisation des décisions.
Or, dans les faits, les Supply Chains actuelles fonctionnent autrement.
Elles sont souvent :
- maintenues artificiellement par la dette,
- subventionnées,
- sur-normées,
- optimisées localement, au détriment de leur viabilité globale.
👉 Ainsi, nous ne faisons pas face à un excès de libéralisme.
👉 Au contraire, il s’agit d’un capitalisme administré, structurellement fragile dès que le contexte se durcit.
Pour des pays comme la France, le retour de bâton de la globalisation est désormais visible.
La désindustrialisation s’est accompagnée d’une externalisation massive de la valeur ajoutée.
Par ailleurs, les dépendances critiques se sont accrues.
Dès lors, un choix stratégique s’impose.
Soit poursuivre une Supply Chain toujours plus massifiée et interconnectée.
Soit engager une différenciation systémique, fondée sur la viabilité et la résilience.
🏛️ Idée disruptive n°2 — La bonne échelle de pilotage
La question européenne est avant tout opérationnelle.
La superstructure actuelle a-t-elle atteint sa maturité avant les chocs géopolitiques, énergétiques et industriels ?
Si ce n’est pas le cas, un retour contraint s’esquisse.
Il pourrait prendre la forme de niveaux nationaux plus souverains.
Ceux-ci seraient alors adossés à des partenariats européens de convergence stratégique.
En revanche, une intégration uniforme devient de plus en plus difficile à piloter.
👉 En Supply Chain, la règle est connue.
👉 La décision doit être prise là où l’information est la plus pertinente et l’action la plus rapide.
🌱 Idée disruptive n°3 — De la globalisation à la viabilité des Supply Chains
L’innovation décisive ne se limite pas à l’IA ou à la robotique.
Elle concerne surtout la conception de modèles de Supply Chain viables, inspirés du vivant.
À ce titre, la stratégie chinoise est éclairante.
L’innovation n’y précède pas l’intégration. Elle en découle.
Avant toute rupture technologique, la Chine consolide ses chaînes de valeur de bout en bout.
Cela inclut les matières premières, la transformation, la fabrication, la logistique et la distribution.
Ainsi, cette intégration verticale crée un socle industriel solide.
Elle rend l’innovation industrialisable, déployable et durable.
Par conséquent, le passage de la globalisation à la viabilité des Supply Chains impose de repenser la structuration des chaînes de valeur, bien au-delà de la seule optimisation des coûts.
Comme l’explique Gunter Pauli, l’innovation durable naît d’un écosystème intégré.
Elle ne repose pas sur une technologie isolée.
Elle valorise les ressources existantes et réduit les dépendances.
🔗 https://www.youtube.com/live/74w6Z1xlTWQ?si=upSAhlK8tE9ANroi
👉 Dès lors, là où l’Occident cherche l’innovation en premier,
👉 certains acteurs construisent d’abord des chaînes de valeur viables.
👉 C’est une condition préalable à toute innovation durable.
🔗 https://www.theblueeconomy.org/en/
Cette approche rejoint directement les travaux de Stafford Beer.
Un système ne survit pas parce qu’il est optimal.
Il survit parce qu’il dispose d’une variété suffisante pour absorber la complexité de son environnement.
🔗 https://en.wikipedia.org/wiki/Viable_system_model
🔚 Conclusion
De la globalisation à la viabilité des Supply Chains, la question centrale a changé.
Il ne s’agit plus de rechercher l’efficience maximale.
Il s’agit désormais de durer dans un monde instable.
Les tensions géopolitiques ne sont donc pas une anomalie.
Au contraire, elles révèlent que la Supply Chain est devenue le cœur des décisions stratégiques.
Celles-ci sont à la fois économiques, politiques et organisationnelles.
👉 La vraie question n’est plus comment optimiser les flux,
👉 mais comment concevoir des Supply Chains capables de durer.
Cette analyse s’inscrit dans la réflexion plus large menée par Akorium sur la viabilité des Supply Chains.